J18 : Rotorua et Valley de Waikite

La journée commence par une petite balade dans le Park de « piscines de boues » de Te Puia, littéralement « mud pools ». La boue en ébullition émet un bruit presque effrayant, témoin de l’activité terrestre. Les jaillissements imprévisibles nous rappellent que nous sommes peu de chose dans cette nature sauvage, nous le savions, mais tout ici le rappelle… Anna, rencontrée lors de notre excursion en kayak, nous disait qu’ils avaient choisi de s’expatrier en Nouvelle Zélande, entre autre pour sa sécurité politique… Mais qu’en est il de la sécurité tellurique ? L’île du Nord se situe sur la jonction des plaques australienne et polynésienne, d’où le nombre important de volcans et des multiples éruptions qui en découlent. L’activité géothermique est au centre de la vie et culture Maori: cuisiner, les bains de boues, d’eaux chaudes pour l’entretien de la peau…..Pour la Nouvelle Zélande, c’est une ressource, en dehors du tourisme, d’énergie au même titre que l’énergie hydraulique.

Nous nous dirigeons ensuite vers le fameux Wai-o-Tapo Thermal Wonderland dont les images du « Devil’s Home », de « Lady Knox » et de la « Champagne pool » (aux couleurs rouge brun/oxyde de fer, jaune/soufre, violet/manganèse) ont fait le tour du monde. Mais à notre grande surprise, le site est fermé. Il ne semble ouvert que du vendredi au lundi seulement ! Pour des raisons de surveillance scientifiques ? Pour limiter la présence touristique? Pour permettre aux sites voisins moins réputés d’avoir un peu plus d’affluence ? Au tout cas, nous voilà le bec dans l’eau, un peu déçu… Nous continuons pourtant notre périple vers « Hot pool Waikite Valley » pour une grande pause détente: bains chauds (pour le plus élevé à 41,5°C!) au milieu de fougères luxuriantes… mémorable !! Et là d’entendre Jérôme devant mes grandes hésitations à rentrer dans l’eau: « Mais vas-y! C’est facile. Depuis le temps que tu as trempé tes pieds, ça se fait tout seul! Allez qu’est ce que t’attend ?! » …enfin tout ce que je lui ai sorti dans les gorges de Hokitika!… par contre ,une fois rentrée, la détente est absolue, le corps flotte (chaleur de l’eau ? Composition minérale?) et le décor est inoubliable… seul hic! La conversation ininterrompue de certains visiteurs qui empêche d’écouter sereinement le chant des oiseaux…

Très délassés, nous reprenons la route pour « Waimangu volcanic Valley », magnifique parc géothermique situé au fond de la vallée. Là un chauffeur nous explique qu’il faut qu’on engage notre randonnée sinon nous serons enfermé dans le parc: dernière navette à 16h45… Alors que dans le sud, toutes les réserves, tous les parcs sont d’accès gratuit, (participation possible dans des urnes comme dans les musées londoniens), ici tous les accès sont payants: cela garantit une organisation parfaite (nous avons, pour la première fois, droit à un topo guide en français!) mais qui enlève un peu de spontanéité et de liberté… Toutefois la ballade de 2 km (il y avait plus long, mais impossible dans le temps imparti) est de toute beauté, Jérôme mitraille à souhait pour tenter de fixer les images qui s’offrent à nous, les couleurs du moins, parce que pour les odeurs mêlées (soufre, végétaux…), la cymbalisation des cigales (et on a encore droit à une petite pause d’observation, dessication des couleurs, tapes des ailes sur les branches, rythmes des percussions…!) ne seront pas captées par l’objectif !

Une journée d’émerveillements!