J12 : Réserve naturelle d’Abel Tasman- Tasman Bay

Nous quittons Nelson en milieu de matinée pour rejoindre Marahau qui sera notre point de départ en randonnée en Kayak de mer.

Nous roulons d’abord le long de la baie avant de bifurquer dans les terres pour rejoindre de nouveau la mer. Ici , la route ne va pas au plus court mais s’adapte aux reliefs (comme dans toutes les régions de montagne, me direz vous, certes, mais, en plus ici la montagne tombe dans la mer, et le nombre incalculable de rivière complique le tout… Il faut compter 1 mn par Km, 50km=50mn minimum et pourtant sans circulation !!).

Nous traversons les vergers et les vignobles de la région, la « garden Valley » comme elle se surnomme.A l’extrémité de la bourgade de Marahau, petit hameau de villégiatures balnéaires semble-t-il des Nelsonniens, nous découvrons la base de Kahu-Kayak, ambiance plutôt « Hippie ».

Nous faisons connaissance avec Carid qui nous servira de guide pendant la balade. Étudiant à Wellington l’année, il est moniteur guide pendant la saison de l’été. Nous embarquons les deux bateaux sur une remorque pour rejoindre d’abord un bateau taxi, lui même attelé à un tracteur. Les kayaks passent de la remorque au Bateau taxi. Le tracteur s’avance dans la baie ( la marée est descendante) jusqu’à ce qu’il y est assez d’eau pour le Bateau.

Au démarrage, nous pouvons apercevoir à notre grande surprise une raie pastenague (à queue courte) d’environ 1,5 m d’envergure ( les plus grandes font 3,4 m d’envergure). C’est donc en bateau taxi qu’on nous débarque ainsi que les kayaks dans la réserve d’Abel Tasman. La crique est magnifique, le soleil tout autant. Et la, Carid nous propose avant toute chose de nous baigner: 1er bain dans la mer de Tasman, tant attendu et finalement sur l’île du Sud ! La température est idéale en cette chaude journée (27° de moyenne). Du coup, Jérôme n’hésite pas non plus à piquer une tête. Ensuite, Carid nous explique notre périple : longer la baie, traverser jusqu’à l’Adèle Island (la fameuse Adèle est la femme du découvreur français de l’île, Jules Dumont d’Urville), la contourner, rejoindre la petite île d’à côté où son amie nous y attendra, ensuite il est question de voile… Carid a bien compris qu’il fallait nous parler lentement, mais patient, il s’y reprend à plusieurs fois quand c’est nécessaire.

Une fois dans notre kayak biplace, Carid nous évoque une pratique Maori. Il nous demande de retenir nos deux embarcations l’une, l’autre réunies et se lance dans une Prière Maori, sans doute dans le respect de la mer que nous allons naviguer ? Nous n’arrivons pas à savoir si cet acte est sincère de la part de Carid ou bien une pratique d’attrape touriste ??? Quoi qu’il en soit moment émouvant pour nous.

Et nous voilà partis… c’est sûrement le plus beau cadre que nous ayons eu pour une rando kayak jusqu’ alors ! La seconde sur la mer ( la première étant dans le golf du Morbihan). Carid nous détaille toute la flore, Le bush qui colonise toute la surface de la réserve terrestre et la faune. Nous avons de nouveau la chance de voir des otaries allanguies sur les rochers, et au moment du pique nique, au sein de la petite crique où nous avons accosté, un mâle, à quelques mètres de nous… Il s’est alors déplacé des rochers sur le sable, à quelques mètres de nous, pour s’enfoncer dans le bush à notre grande stupéfaction. Carid nous explique alors qu’il y va, à la fois pour chasser et, en période des amours, comme actuellement, pour s’y reproduire. Gestation pour la femelle, 2 mois ! C’est du rapide….Nous pourrons voir également des cormorans, des huitrier-pie (oyster-catcher), des « Wood pigeon ». Malheureusement pour apercevoir les blue Pingouins (plus petits pingouins au monde) il aurait fallu passer au lever ou au coucher du soleil….

Nous rejoignons ensuite la fameuse amie de Carid qui elle même est guide d’une famille de français. Nous faisons connaissance avec la maman, Anna, qui nous raconte son installation sur Christchurch depuis 4 ans. Sur le retour l’ensemble de nos bateaux sont rassemblés, Carid sort une voile de son sac, et avec deux de nos pagaies il forme deux mâts qu’il confie à Jérôme et Grâce, Anna et moi même tenons sur deux bateaux extérieurs les deux autres extrémités de la voile. Et nous voilà transformés en voilier !! Géantissime !!! Par soucis de précaution, Jérôme ce matin n’a pas pris l’appareil photo. Si bien que les photos ne proviennent que de nos téléphones. Par contre pour nous les images seront gravées à jamais…..